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Mis à jour le 7 septembre 2026
L'entretien d'assimilation est l'une des étapes les plus redoutées de la naturalisation — et l'une des plus mal comprises depuis 2026. Beaucoup le confondent avec l'examen civique : ce sont pourtant deux épreuves différentes. Ce guide vous explique comment se déroule l'entretien, les questions posées, ce que l'agent évalue vraiment, et les erreurs qui font basculer un dossier.
Entretien et examen civique : ne pas confondre
C'est la confusion numéro un depuis le 1er janvier 2026. Ce sont deux étapes distinctes, qui n'évaluent pas la même chose.
Examen civiqueEntretien d'assimilationFormatQCM de 40 questionsConversation oraleOùCentre agrééPréfecture (ou consulat)Ce qui est évaluéConnaissances (histoire, institutions…)Assimilation réelle, français parlé, valeursNote32/40 requisPas de note : un avis motivéRôleCondition préalableÉtape décisive du dossier
Réussir l'examen civique est la condition pour être convoqué à l'entretien. Nous détaillons le QCM dans notre guide sur l'examen civique. Le présent article porte sur l'entretien.
Comment se déroule l'entretien d'assimilation ?
L'entretien se passe en préfecture, en français, face à un agent. Il dure en général entre 20 et 50 minutes. Ce n'est pas un interrogatoire : c'est une conversation, à l'issue de laquelle l'agent rédige un rapport d'assimilation qui pèse lourd dans la décision finale.
À la fin, si tout se passe bien, vous signez la Charte des droits et devoirs du citoyen français, qui marque votre engagement.
Point important : l'avis de l'agent (favorable, réservé ou défavorable) n'est pas la décision finale. C'est le ministère de l'Intérieur qui tranche. Mais un avis défavorable pèse évidemment lourd.
Ce que l'agent évalue vraiment : 3 axes
Depuis la circulaire du 2 mai 2025, les agents appliquent plus strictement leur grille. Ils évaluent trois choses.
1. Votre parcours personnel et professionnel
L'agent veut comprendre qui vous êtes : votre histoire, votre travail, votre vie en France, vos attaches. Préparez un récit clair de votre parcours — pourquoi la France, ce que vous y avez construit.
2. Votre adhésion aux valeurs de la République
Laïcité, égalité femmes-hommes, liberté d'expression, séparation des pouvoirs. On ne vous demande pas de réciter une définition, mais de montrer que vous comprenez et adhérez à ces principes. Depuis le passage au B2, l'agent attend que vous puissiez donner un avis nuancé, pas une phrase apprise par cœur.
3. Votre connaissance de la France
Histoire, géographie, institutions, symboles. C'est là que le Livret du citoyen est utile — mais reformulé avec vos mots, jamais récité.
Le niveau de français à l'entretien : ce qui a changé en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le niveau exigé est le B2 (au lieu du B1). Vous le justifiez au dossier avec une certification (DELF, TCF, TEF — voir notre guide sur le niveau B2), mais l'agent le vérifie aussi en situation réelle pendant l'entretien.
Concrètement : savoir tenir une conversation fluide, exprimer une opinion, argumenter. Un dossier avec un B2 sur le papier mais une expression orale hésitante à l'entretien peut entraîner un avis réservé.
Les questions les plus posées
Les questions varient selon les agents, mais reviennent souvent :
- Pourquoi souhaitez-vous devenir français ?
- Que représente la France pour vous ?
- Parlez-moi de votre parcours en France.
- Qu'est-ce que la laïcité ? Que pensez-vous de l'égalité femmes-hommes ?
- Citez quelques présidents, la devise, les symboles de la République.
- Quels sont les droits et les devoirs d'un citoyen français ?
Le piège : réciter. L'agent repère immédiatement une réponse apprise par cœur. Mieux vaut comprendre et reformuler avec ses propres mots.
Un exemple concret
Karim, en France depuis 8 ans, a réussi son examen civique avec 36/40. À l'entretien, l'agent ne lui repose aucune question du QCM. Il l'interroge sur son métier, sur ce qu'il ferait s'il était témoin d'une discrimination, sur son avis concernant la laïcité à l'école. Karim, qui n'avait révisé que les dates et les institutions, est déstabilisé par ces questions ouvertes. Il s'en sort en parlant sincèrement de son expérience — mais réalise qu'il aurait dû s'entraîner à l'oral libre autant qu'aux connaissances.
Cet exemple illustre l'erreur la plus fréquente : préparer l'examen civique et négliger l'entraînement à la conversation.
Les erreurs qui font basculer un entretien
- Réciter au lieu de comprendre
- Négliger l'expression orale en se concentrant sur les connaissances
- Ne pas préparer son parcours personnel (dates, lieux, cohérence avec le dossier)
- Des incohérences entre les réponses orales et les pièces du dossier
- Une méconnaissance des valeurs ou une position en contradiction avec les principes républicains
Et si l'entretien se passe mal ?
Un avis réservé ou défavorable n'est pas toujours définitif. Si votre demande est ensuite refusée, un recours est possible — nous proposons une prestation dédiée au recours contre un refus de naturalisation. Le délai global de la procédure reste par ailleurs long : voir notre guide sur les délais de naturalisation.
Comment bien se préparer ?
- Lire le Livret du citoyen en entier, puis le reformuler avec vos mots
- S'entraîner à parler de son parcours de façon claire et cohérente
- Argumenter à l'oral sur des sujets de société (laïcité, égalité)
- Faire des simulations d'entretien pour gagner en aisance
- Vérifier la cohérence entre ce qu'on dira et le dossier déposé
Papiers Français vous accompagne dans cette préparation, en lien avec un organisme de formation reconnu pour le niveau B2 oral, et vous met en relation avec un avocat spécialisé pour sécuriser l'ensemble de votre dossier de naturalisation.
Sources : Service-Public.fr F2213, circulaire du 2 mai 2025, Livret du citoyen (ministère de l'Intérieur).





