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Qui est concerné par la demande d'autorisation de travail ?

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Travail
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Mis à jour le 2 août 2026

Décrocher un poste en France quand on est ressortissant hors Union européenne ne suffit pas à pouvoir commencer à travailler : il faut, dans la plupart des cas, une autorisation de travail délivrée par l'administration. Ce document technique, souvent mal compris parce qu'il est demandé par l'employeur et non par le salarié, conditionne pourtant directement votre droit à occuper le poste. Ce guide explique qui est concerné, comment la demande se déroule, combien de temps elle prend, ce qu'elle coûte, et que faire en cas de refus.

Qu'est-ce qu'une autorisation de travail ?

L'autorisation de travail est un document administratif qui certifie qu'un ressortissant étranger hors Union européenne, Espace économique européen ou Suisse peut légalement occuper un poste salarié en France. Sa base légale figure à l'article L8251-1 du Code du travail, qui interdit à tout employeur d'embaucher ou de conserver à son service un étranger non autorisé à travailler.

Ce n'est pas un document que vous demandez vous-même : c'est votre employeur qui dépose la demande, avant votre prise de poste, via le portail ANEF Entreprises.

Qui a besoin d'une autorisation de travail ?

Les situations les plus fréquentes

Une autorisation de travail est nécessaire pour :

  • Un salarié étranger recruté en contrat à durée indéterminée ou déterminée ;
  • Un travailleur saisonnier (agriculture, tourisme, restauration) ;
  • Un travailleur détaché par une entreprise étrangère pour une mission temporaire ;
  • Un demandeur d'asile souhaitant accéder au marché du travail, sous certaines conditions ;
  • Un étudiant étranger souhaitant travailler au-delà des plafonds horaires autorisés par son statut.

Les situations dispensées

Certains statuts dispensent d'autorisation de travail distincte, notamment les titulaires d'une carte de résident, d'un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) portant la mention appropriée, ou de certains titres pluriannuels. Si vous détenez déjà un titre de séjour "salarié" en cours de validité pour le même poste, une nouvelle autorisation n'est généralement pas nécessaire.

Qui dépose la demande, et comment ?

La démarche revient à l'employeur

C'est un point souvent mal compris par les candidats : la demande est déposée par l'employeur, pas par vous. Concrètement, votre futur employeur crée un dossier sur le portail ANEF Entreprises (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr), remplit le formulaire correspondant au Cerfa n°15186, et le transmet accompagné des pièces requises. Nous détaillons ce formulaire spécifiquement dans notre article sur le fonctionnement de la demande de Cerfa autorisation de travail.

Les documents généralement demandés

  • Justificatifs de l'entreprise (extrait Kbis ou équivalent) ;
  • Passeport ou carte d'identité en cours de validité du salarié ;
  • Copie du titre de séjour ou du récépissé si vous résidez déjà en France ;
  • Contrat de travail ou promesse d'embauche ;
  • Preuve de publication de l'offre d'emploi pendant trois semaines, sauf dispense (voir plus bas).

L'instruction du dossier

Une fois déposée, la demande est instruite par la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), qui vérifie la cohérence du dossier et, selon les cas, la situation de l'emploi. Service-Public.fr détaille la liste complète des pièces exigées selon votre situation.

Combien de temps prend une demande d'autorisation de travail ?

Le délai légal de réponse est de deux mois. En pratique, les délais réels varient sensiblement selon la région et la complexité du dossier : comptez généralement de deux à huit semaines pour l'instruction proprement dite, mais le processus complet — incluant, si le candidat est encore à l'étranger, le rendez-vous consulaire pour le visa — peut représenter trois à six mois au total. Mieux vaut anticiper largement une date de prise de poste plutôt que de la caler au plus juste.

Les métiers en tension : une procédure allégée

Pour certains postes classés "métiers en tension" par arrêté ministériel, actualisé annuellement et variable selon les régions, l'employeur est dispensé de l'obligation de publier l'offre pendant trois semaines et de prouver l'absence de candidat local. Cette dispense peut accélérer sensiblement l'instruction du dossier. Si votre poste correspond à un métier en tension dans votre région, il est utile de le signaler explicitement dans le dossier déposé par votre employeur.

Combien coûte une autorisation de travail ?

Le coût principal n'est pas à la charge du salarié mais de l'employeur, sous la forme d'une taxe versée à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) une fois l'autorisation accordée. Son montant est calculé sur la base d'un pourcentage du premier salaire mensuel brut, avec un plafond qui varie selon le niveau de rémunération. Ces montants étant révisés périodiquement, il est préférable de vérifier le barème en vigueur au moment du dépôt plutôt que de se fier à un chiffre figé.

Cas particuliers

Étudiant étranger

Un étudiant étranger peut travailler dans la limite d'un volume horaire annuel plafonné par son statut. Au-delà de ce plafond, ou pour un poste à temps plein après la fin des études, une autorisation de travail à part entière devient nécessaire.

Demandeur d'asile

Sous certaines conditions de délai depuis le dépôt de la demande d'asile, un accès au marché du travail peut être sollicité, avec une procédure d'autorisation spécifique.

Vous êtes en France avec un récépissé, sans autorisation de travail explicite

C'est une situation fréquente et source de confusion. La possibilité de travailler dépend strictement de la mention portée sur votre récépissé — nous détaillons ce point précisément dans notre guide Peut-on travailler avec un récépissé de demande de titre de séjour ?

Vous êtes en situation irrégulière mais en activité

Une régularisation par le travail peut être envisagée sous certaines conditions, notamment de durée de présence et d'ancienneté professionnelle. Notre article dédié explique comment fonctionne la régularisation du séjour par le travail.

Suivre l'avancement de sa demande

Une fois le dossier déposé par l'employeur, son état d'avancement peut être suivi via le portail ANEF. En cas de blocage technique prolongé de la plateforme, il est utile de savoir que le Conseil d'État a rappelé, dans une décision du 5 mai 2026, que les dysfonctionnements d'un téléservice administratif ne doivent pas compromettre l'exercice effectif des droits des usagers — un point d'appui utile en cas de blocage anormalement long.

Que faire en cas de refus ?

Un refus d'autorisation de travail est motivé par courrier, adressé à l'employeur. Plusieurs voies de recours existent, selon les mêmes principes généraux que pour toute décision administrative défavorable : recours gracieux auprès de l'autorité qui a pris la décision, recours hiérarchique, ou recours contentieux devant le tribunal administratif compétent. Si le refus s'accompagne d'une mesure d'éloignement, notre guide complet sur l'OQTF détaille les recours spécifiques à cette situation.

Renouveler une autorisation de travail

Le renouvellement suit une logique proche de la première demande, avec un dossier généralement allégé si l'emploi se poursuit dans les mêmes conditions. Il est fortement conseillé d'anticiper la démarche plusieurs semaines avant l'expiration du titre en cours. Nous détaillons cette procédure dans notre article sur le renouvellement des titres de séjour salarié ou travailleur temporaire, et pour la période intermédiaire, notre guide sur comment continuer à travailler en attendant le renouvellement de votre titre de séjour.

Qui doit demander l'autorisation de travail, le salarié ou l'employeur ?

C'est l'employeur qui dépose la demande, via le portail ANEF Entreprises, avant la prise de poste du salarié. Le salarié fournit les documents nécessaires mais ne dépose pas lui-même la demande.

Combien de temps faut-il pour obtenir une autorisation de travail ?
Qu'est-ce qu'un métier en tension et pourquoi est-ce important ?

C'est une liste de professions en pénurie de main-d'œuvre, actualisée par arrêté ministériel et variable selon les régions. Pour ces postes, l'employeur est dispensé de prouver l'absence de candidat local, ce qui accélère généralement l'instruction du dossier.

Un étudiant étranger a-t-il besoin d'une autorisation de travail ?

Dans la limite du volume horaire annuel autorisé par son statut, non. Au-delà de ce plafond ou pour un emploi à temps plein après les études, une autorisation de travail à part entière est nécessaire.

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